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Grotte aux coquillages de Coulommiers

Grotte de coquillages de Coulommiers

 DESCRIPTION

Depuis le 15ème siècle, les rois de Navarre et les comtes d’Armagnac étaient les seigneurs de Coulommiers. En 1501, après la mort de Louis d’Armagnac, la seigneurie entre dans les biens de la maison de Foix, puis dans celles de Clèves et d’Orléans Longueville. Catherine de Gonzague et de Clèves est la fille aînée de Louis de Gonzague et de Henriette de Clèves. En 1588, elle épouse Henri d’Orléans, premier du nom, duc de Longueville, gouverneur et lieutenant général pour le Roi en Picardie et Boulonnais. Elle lui apporte en dot la seigneurie de Coulommiers. Son mari meurt le 2 avril 1595, à Amiens. Catherine de Gonzague restera veuve et se consacrera à l’éducation de son fils unique Henri II. En 1613, Catherine de Gonzague décide de construire un nouveau château à Coulommiers Pour cela, elle signe un contrat avec Charles du Ry le 3 janvier 1613. Ce château de style Louis XIII de briques et de pierres fut dessiné par l’architecte Salomon de Brosse. Son beau-frère Charles du Ry dirige et mène à bien la construction. François Mansart réalise quant à lui, les pavillons des gardes et l’escalier intérieur.

A proximité de son château, Catherine de Gonzague fit construire un couvent destiné à des moines capucins. Que cette princesse ait décidé de fonder un couvent de capucins à cet endroit n’a rien de très étonnant. En effet, les capucins qui sont une branche réformée de l’ordre des franciscains étaient déjà très implantés en Seine-et-Marne. Coulommiers était le quatrième site d’établissement de cette confrérie en 10 ans après Melun, Meaux et Provins. Leur retour à l’esprit de pauvreté, leurs actions charitables leur valaient des appuis essentiels dans les cercles des dévots parisiens. La modeste église du couvent fut consacrée sous le vocable de Notre-Dame-des-Anges, en référence aux anges qui composent le cortège de la Vierge le jour de l’Assomption. La première pierre de cet édifice fut posée le 19 avril 1617. La cérémonie de consécration aura lieu, le 13 juillet 1625, en présence d’André de Sauzeau, évêque de Bethléem. En 1632, les travaux ne sont pas achevés mais les moines s’installent dans ce nouveau couvent, surnommé la plus belle capucinière du royaume. Prévu pour 7 à 10 moines, les capucins mènent ici une vie paisible, rythmée par les offices et les labeurs quotidiens.

D’un point de vue architectural, le couvent et l’église sont fidèles à l’architecture capucine et présentent une grande sobriété. Les murs sont nus, sans ornements, hormis le porche de l’église encadré par deux écussons de pierre aux armes des familles de Gonzague, Longueville et Clèves. L’église est composée d’une vaste nef unique orientée est-ouest sans déambulatoire et éclairée par treize baies et un oculus. Au nord se trouve une petite chapelle qui devait servir à des célébrations privées. Seuls décors de l’ensemble, 12 croix en pierre sculptées et peintes. Au fond de la nef est aménagé le chœur surélevé à l’étage dans l’esprit des chapelles médiévales comme la Sainte-Chapelle. C’est dans cette partie supérieure que se tenait le maître-autel et se déroulait la messe, visible depuis le rez-de-chaussée pour les fidèles qui en l’occurrence devaient être Catherine de Gonzague et ses proches. L’agencement intérieur peu classique s’explique par la présence de la grotte aux coquillages en dessous de ce chœur surélevé. Lieu bien plus ostentatoire que ne le voulaient les règles de la congrégation capucine.

Grotte aux coquillages de Coulommiers

Aucun texte ne vient éclairer les intentions de Catherine de Gonzague concernant la réalisation de la grotte de coquillages. Selon Claude Mignot et Emmanuelle Loizeau  : « la clé n’en est sans doute pas la spiritualité des capucins, mais plutôt les lectures et les curiosités de la duchesse, dont la dévotion prend cette voie originale. Veuve exemplaire, Catherine de Gonzague a dû méditer le chapitre que François de Sales consacre aux veuves dans son « Introduction à la vie dévote »….. traiter la chapelle de Coulommiers comme une grotte de jardin s’inscrit dans la poétique de l’ermitage précieux. » 

Cette grotte de rocailles édifiée vers 1623-1624 est, en l’état des recherches actuelles, unique en France. Son originalité demeure dans la décoration de coquillages au service de la thématique religieuse. En effet, le plus souvent les grottes de rocailles s’inscrivent dans un imaginaire profane inspiré de l’Antiquité, tels les nymphées (Viry-Chatillon, Versailles, chapelle du Val…). La présence de coquillages est emblématique de la culture maniériste et symbolise la fragilité de la vie humaine par analogie avec le crâne humain. 

Vouée à saint François d’Assise, la grotte aux coquillages de Coulommiers et ses bas-reliefs forment une sorte de chemin de croix dans lequel la Duchesse peut cheminer par la pensée sur les pas de saint François. D’un point de vue architectural, cette grotte se compose de six niches avec des bas-reliefs représentant les propriétés des familles de Gonzague, Longueville et Clèves et la vie de saint François d’Assise. Un septième bas-relief orne l’autel et représente la vie du Christ. Chaque niche est traitée comme un tableau indépendant l’un de l’autre dans une polychromie à prédominance de rouge et de bleu recouverte de concrétions et de coquillages.

La voûte quant à elle est couverte de grandes figures peintes à l’huile. Le motif principal en est la sainte Trinité. La scène est entourée d’angelots portant soit des couronnes de fleurs, soit des corbeilles de fruits ou des instruments de musique. Tous participent à un concert sacré autour du trône de Dieu, à la gloire de la sainte Trinité. 

Entre chaque niche, douze colonnes, anciennement recouvertes de coquillages ou en partie couvertes de fac-similés de porcelaines et de pieds de pélicans, servent de supports à douze statues de pierres décapitées et très fortement mutilées lors de la Révolution Française ou des diverses occupations de l’église postérieures à cette date.

 

 NATURE DES TRAVAUX 

Grotte aux coquillages de Coulommiers

Etat de péril 

Cette grotte de coquillages fait l’objet depuis quelques années de nombreuses attentions. Considérée pour sa rareté, elle fut classée Monument Historique en même temps que l’église par arrêté du 14 janvier 1930. En 2003, Emmanuelle Loizeau doctorante en architecture du 17ème siècle y consacra une étude documentaire qui permit de remettre en lumière ce lieu au combien rare et original. Suite au chantier des collections, réalisé au sein du musée municipal, les élèves de la section restauration sculpture de l’Institut National du Patrimoine réalisèrent deux chantiers école. Ils se consacrèrent dans un premier temps (2009) à l’étude de la structure et des altérations de l’ensemble de la grotte, puis dans un second temps (2010), à un dépoussiérage et une consolidation de la polychromie des niches sculptées. Ces deux chantiers servirent de mémoire  pour une partie de la classe et permettent aujourd’hui de mieux appréhender la qualité architecturale de ce lieu et de veiller à sa conservation.

Lors de ce chantier, il fut constaté que la grotte présentait de nombreux problèmes de structures mettant en danger sa pérennité. En effet, la pierre utilisée pour sa conception (pierre de Vareddes) est une pierre calcaire qui, avec le temps, se désagrège peu à peu en raison de l’humidité présente sur le site (ancien marécage).En outre, les diverses interventions pour l’utilisation des bâtiments conventuels n’ont pas pris en compte les besoins de cette grotte et le béton présent à l’arrière empêche sa bonne respiration. Enfin, la peinture du plafond qui n’a jamais été restaurée disparait petit à petit et une intervention d’urgence est nécessaire pour permettre aux générations futures de pouvoir l’admirer.

 

 VOCATION DU SITE 


Actuellement, l’ensemble conventuel des Capucins fait l’objet d’un projet de réhabilitation d’envergure avec la création dans ce lieu chargé d’Histoire d’un projet touristique regroupant : 

- la Maison des fromages de Brie qui sera au regard de la renommée du fromage de coulommiers un lieu d’attractivité touristique majeur sur le bassin parisien.
- le Musée municipal (Musée de France) qui occupe aujourd’hui l’église, qui sera modernisé et où la grotte de coquillages sera fortement mise en avant dans le parcours de visite. Une reconstitution 3D est envisagée pour permettre aux visiteurs de découvrir le faste de cette grotte aux coquillages et la vie de la noblesse au XVIIème siècle. 

Un estimatif des travaux à réaliser pour mettre en valeur ce joyaux méconnu a été réalisé par Marie-Lys de Castelbajac. Cependant, afin d’affiner ce premier estimatif, la Ville de Coulommiers a également choisie Marie-Lys de Castelbajac pour mener à bien une étude approfondie en vue de la restauration de la grotte.

[[CP:77120]]

* Seulement 6% de frais de gestion seront prélevés sur vos dons. Grace à son réseau régional et départemental, la FDP assure le suivi des projets, en garantissant la réalisation effective des travaux et leur qualité.

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